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Flash info du 29 Rajab 1436.

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Mohamed Morsi, le seul président égyptien élu démocratiquement, condamné à mort.

Ce samedi 16 mai, Mohamed Morsi, le seul et unique Président égyptien qui avait été élu démocratiquement en juin 2012 a été condamné à mort.
L’ex Président qui avait été destitué par l’armée égyptienne en juillet 2013 a été condamné à la sentence capitale pour « espionnage, trahison », « évasions de prison », et « violences » qui ont suivi la révolte de 2011.

Une centaine d’autres accusés membres des Frères musulmans ont également écopé de la peine capitale.

Il y a trois semaines, Mohamed Morsi avait déjà été condamné dans un premier procès, à 20 ans de prison pour avoir «usé de la violence, fait arrêter et torturer des manifestants», le 5 décembre 2012 devant le Palais présidentiel.

La peine capitale doit désormais être confirmer ou infirmer par le grand mufti d’Egypte.

Depuis l’éviction forcée de l’ex Président Mohamed Morsi, c’est une véritable répression contre la confrérie des Frères Musulmans qui sévit dans le pays. Au moins 1400 personnes pro Morsi ont été tuées par la police et l’armée. Des milliers (plus de 15 000 environ) partisans des Frères Musulmans dont des femmes et des enfants, sont actuellement emprisonnés. Le nouveau pouvoir égyptien qui a pris les commandes du pays par la force est régulièrement accusé par les organisations internationales de graves violations des droits de l’Homme.
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Robert Chardon, le maire qui veut interdire l’islam en france, sous la menace d’une procédure d’exclusion.

Les 14 et 15 mai, à la découverte et à la diffusion d’un Tweet du Maire de Venelles (Bouches du Rhône) ce fut la consternation et le choc pour beaucoup d’entre nous.
Cet élu UMP a déclaré la chose suivante : « il faut interdire le culte musulman en France ». Insistant, le maire répète sa requête dans 4 Tweets. Dans l’un, il précise même que le « 18 octobre 2027, le culte de l’islam sera interdit en France ».

Deux de ses messages avaient été déposés sur le compte ouvert par Nicolas Sarkozy pour accueillir les questions des Français à l’occasion de l’interview organisé le 15 mai sur le réseau Twitter.

Au départ, beaucoup ont cru que le compte avait été piraté, mais contacté pour en savoir plus, le maire de Venelles a bien confirmé être l’auteur de ces Tweets extrémistes, et il a même expliqué sa prise de position radicale : « C’est la seule solution pour résoudre les problèmes que connaît la France. Et j’attends la réponse de Nicolas Sarkozy à cette proposition ».

Ce dernier a condamné cette proposition : « Je condamne cette proposition même si la laïcité c’est aussi fixer des limites. Droits et Limites, cela va ensemble » a tweeté Nicolas Sarkozy.

Christian Estrosi, maire UMP de Nice a annoncé qu’une procédure d’exclusion de Robert Chardon a été lancée. Nathalie Kosciusko-Morizet, vice présidente du parti UMP a bien confirmé cette procédure : « J’ai demandé qu’une procédure d’exclusion soit engagée pour des propos absurdes qui ne correspondent en aucune manière aux valeurs et au projet de l’UMP ».

Des élus UMP du Pays d’Aix ont évoqué la récente radicalisation du maire de Venelles, totalement obsédé par les questions de l’islam et de l’immigration.
C’est un nouveau pas qui a été franchi avec ces paroles qui sont clairement un appel à la haine ciblant la religion musulmane. Notons qu’il a tout de même reçu le soutien officiel de Fabrice Robert, Président du Bloc Identitaire.
Selon une source proche du dossier, Robert Chardon a été hospitalisé, dans la journée du vendredi, à la demande d’ »un tiers » compte tenu de « l’incohérence de ses propos ». Affaire à suivre.
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France : Mohamed Loueslati vient de sortir un livre qui a pour titre, L’islam en prison.

Mohamed Loueslati, imam, juriste et surtout aumônier vient de sortir un livre « l’islam en prison » qui décrit le quotidien des détenus de confession musulmane et la façon dont est vécu l’islam en milieu carcéral. En complément, il propose certaines solutions pour améliorer la situation et construire un meilleur avenir.
Un islam violent.

Selon les données de l’Etat l’islam est la deuxième religion en prison, mais ce n’est pas ce qu’observe Mohamed Loueslati :

En prison, l’islam est devenu la première religion. Nombreux sont ceux qui recherchent dans l’islam ostentatoire un remède à leurs problèmes sociaux et identitaires.

A travers son contact quotidien avec les détenus, Mohamed Loueslati retient que bon nombre de détenus connaissent peu leur religion et la « bricolent » pour l’accommoder avec leur quotidien. Et au vu du fait que les aumôniers musulmans sont clairement insuffisants, il existe un nombre important de prisons où l’on trouve des imams autoproclamés avec une conception particulière de la religion. M. Loueslati résume ainsi son point de vue :

Leur conception de l’islam est confuse. Ils pratiquent un islam bricolé, frelaté.S’il n’y a pas d’aumônier, c’est l’autoproclamé imam qui ne sait rien de l’islam et qui prêche la guerre, la violence, qui répondra aux attentes des prisonniers .

A ces autoproclamés, Mohamed Loueslati répond que « l’homme fort n’est pas celui qui terrasse son adversaire, mais celui qui maîtrise la colère ».
La formation et l’encadrement républicain.

Sur les 1312 aumôniers exerçants en France, seulement 170 sont de confession musulmane, ce qui montre à quel point le pays manque d’aumôniers musulmans. A ce jour, il n’y a pas de formation particulière pour exercer cette profession et la rémunération est loin d’être attrayante, deux points noirs qui conduisent à la propagation d’un islam violent en milieu carcéral là ou l’islam est avant tout un message de paix. Mohamed Loueslati réclame de l’Etat une formation sur les valeurs de la République, sur la laïcité, afin d’inculquer aux détenus les valeurs de la religion tout en respectant celles de leur pays. Enfin, il résume sa pensée ainsi :

J’ai foi en Dieu, foi en l’homme… et aussi en la République. Si elle joue pleinement son rôle de cadre structurant, pour tous les citoyens, y compris les musulmans, ces derniers pourront s’affranchir des craintes, des colères, et jouer un véritable rôle, déterminant et positif, dans l’évolution de notre pays.

C’est une situation dont on parle malheureusement trop peu que décrit dans son livre Mohamed Loueslati. La peine pour toute une vie n’existant pas en France, tous les détenus ayant reçu un message d’islam violent dans leurs prisons finiront par ressortir diffuser ce message, ce qui est très négatif pour l’islam et pour la France. Il est donc primordial de disposer d’avantage d’aumôniers et de s’assurer qu’ils disposent d’un bagage suffisant pour être de véritables agents de paix auprès des détenus.
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Trafic d’organes : sept Israéliens inculpés.

Dans le cadre d’une vaste enquête sur un trafic d’organes à l’échelon international, sept Israéliens ont été inculpés cette semaine selon un communiqué du ministère Israélien de la justice. Un trafic qui durerait depuis près de dix ans, qui touche de nombreux pays en difficulté et qui serait une mine d’or pour les trafiquants.
Des organes « prospectés ».

Parmi les accusés, Boris Wolfman est considéré comme celui qui « prospectait » à la recherche de donneurs potentiels. Il parcourait des zones du monde en détresse, comme le Kosovo, le Sri Lanka où encore l’Azerbaïdjan dans le but de trouver des hommes et des femmes qui acceptent de vendre leurs organes pour « améliorer » leur quotidien. Un autre de ses complices, Avigad Sandlar, se chargeait lui de démarcher les personnes susceptibles de recevoir les organes achetés de part et d’autres, une véritable organisation commerciale.
Des médecins complices.

Une fois la démarche commerciale effectuée, il faut procéder à la mise en place du « service ». Afin de réussir au mieux les interventions, les trafiquants ont complété leur équipe avec un expert en greffe, le docteur Zaki Shapira qui a sa retraite fut relayé par le docteur Sonmez. Une grande partie des interventions se seraient déroulés dans des hôpitaux de la région de Tel Aviv. En termes financiers, les enquêteurs estiment que la vente d’organes pouvait rapporter jusqu’à 15.000€ pour le donneur là où l’opération pouvait être facturée jusqu’à plus de 100.000€. Des opérations plus que lucratives sur le dos de la misère humaine. Consternant.

Le trafic d’organes est un fait véritablement dramatique qui touche des populations défavorisées et les enfonce un peu plus pour quelques milliers d’euros qui ne changeront pas le cours de leur vie. Il est absolument nécessaire de lutter contre ce type de pratiques, il n’est pas tolérable que les opérations puissent avoir lieu sous couvert de médecins réputés attirés par le gain. Un nouveau point noir pour un pays disposant de l’armée la plus morale du monde et réalisant une guerre propre.
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France, Les musulmans de Noisy-le-Grand prient sur un parking.

Depuis plusieurs jours, les musulmans de Noisy-le-Grand (93) prient dehors. Les deux salles de prière de la ville ont été fermées ce qui provoque une situation inédite et extrêmement difficile pour la communauté musulmane locale.

Malgré la fermeture de leur lieu de culte, les dirigeants ont décidé de maintenir les prières en groupe afin que la Communauté puisse continuer à se réunir pour adorer Allah. La prière collective n’a pas été délaissée un seul jour malgré parfois des conditions climatiques diffiles.

Afin d’acheter un local permettant un retour à la normale, les musulmans de Noisy-le-Grand ont besoin de 130 000 euros. Une somme importante mais qui peut rapidement être comblée comme le montrent certains dons de 1000 euros sur le site HelloAsso qui regroupe les dons effectués par Internet.

En quelques jours, des musulmans du monde entier ont souhaité mettre leur pierre à l’édifice pour soutenir l’urgence de la situation. Plus de 675 généreux donateurs ont participé pour atteindre 38 000 euros. Il reste 15 jours pour arriver à 130 000 euros, une somme dérisoire devant la situation inacceptable dans laquelle prient nos frères et soeurs de Noisy-le-Grand.

L’heure est grave et chacun peut mettre un peu d’argent pour arriver à la somme nécessaire. La Communauté a déjà récolté largement plus en très peu de temps. Il est temps de montrer aux politiques islamophobes que les musulmans peuvent faire des “miracles” par la Volonté d’Allah.

Toutes les informations : www.facebook.com/musulmans93160/ .
Contact : mosqueedenoisy@gmail.com.
Contact : Enis, Président associatif : 06 50 07 10 49 .

Participez à la mosquée, faites un don :

Don par Helloasso :
www.helloasso.com/don/associations/waqf-noisy .
ou
http://lc.cx/ZUmp .

Don par PAYPAL :
mosqueedenoisy@gmail.com .

Don par virement :
RIB : 20041 – 01012 – 6702219L033 – 44 .
IBAN : FR47 2004 1010 1267 0221 9L03 344 .
BIC : PSSTFRPPSCE .

Don par chèque :
Waqf Noisy .
Espace Mercure .
11, rue Albert Einstein .
77420 Champs sur Marne .

Vidéo a voir sur islamatouswebradio.info.

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Les “sorcières” de notre époque : la chasse aux jupes longues – L’œil d’Alice.

Il est question de présenter les différentes affaires d’exclusion vécue par des jeunes collégiennes ou lycéennes françaises en raison d’une jupe longue jugée comme étant un signe ostentatoire d’appartenance religieuse sous un angle nouveau, un angle historique mettant en lumière la chasse aux sorcières des XVème et XVIème siècle notamment.

Des similitudes concernant certaines caractéristiques typologiques peuvent être mises en exergue. Sachant que ces affaires rejoignent également ma première vidéo portant sur une remise en question de l’ascension sociale de la femme musulmane.

Le CCIF (collectif contre l’islamophobie en France) dénombre 130 cas de jeunes étudiantes exclues de cours pour port d’une jupe longue. Le gouvernement par la voix de Najat Valaud-Belkacem semble massivement soutenir l’initiative des établissements remarqués par ces affaires puisque la ministre de l’éducation nationale affirme qu’ils ont eu recours au discernement nécessaire dans de pareils circonstances.

Après avoir posé les éléments contextuels, je vais vous proposer une mise en perspective de ces événements avec le contexte de persécution qui s’est déroulé entre le XVème et XVIIème siècle et ayant touché les femmes européennes.

Un contexte législatif propice.

Tout d’abord, le cadre législatif offre des similitudes rendant possible cette dite « chasse aux jupes longues » dans les établissements publics français.

Un bref retour historique s’impose en premier lieu. La chasse aux sorcières a débuté à la fin du Moyen-Âge, au XVème siècle et a connu son apogée durant les XVIème et XVIIème siècle. En effet, l’inquisition qui était un tribunal spécialisé relevant de l’Eglise catholique avait pour but de combattre l’hérésie, or jusqu’en 1326 hérésie et sorcellerie étaient deux sphères distinctes, ce n’est qu’à partir de cette date que le pape Jean XII a rédigé une bulle intitulée Super illius specula liant les deux termes. Après 1520, ce sont davantage les tribunaux séculiers qui règlent les questions de sorcellerie et ont engendré le déferlement le plus meurtrier contre les dites sorcières de 1580 à 1630. En tout, on compte d’après les recherches de l’historienne Anne Barstow, 200 000 procès et 100 000 exécutions.

La véritable chasse aux sorcières impliquant persécutions, bûchers, procès accusateurs a été mise en place par la bulle « Summis desiderantes affectibus » du pape Innocent VIII en 1484.

Ce qui a propulsé la chasse aux sorcières telle que nous l’entendons à notre époque fut une enquête commandée par l’Inquisition afin de reconnaître les sorcières et de les décrire. Ce document, paru en 1486 et rédigé par deux auteurs Heinrich Kramer et Jacques Sprenger, est connu sous le nom de « Malleus Maleficarum » qui se traduit par « le marteau des sorcières » à noter la terminaison en « arum » qui implique le féminin donc une focalisation sur les sorcières et non véritablement les sorciers car ce manifeste soutient que les femmes à cause de leur faiblesse sont prédisposées à la sorcellerie et qu’elle sont les ennemis du genre humain.

La bulle papale de 1484 peut être mise en perspective avec la loi du 15 mars 2004 qui explicite que :

« Dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit. ».

Ce rapprochement ne s’opère pas en terme de violence des persécutions mais il entérine un regard, la mise sur le devant de la scène d’une population qui jusque là n’était pas visible et non médiatisée. Les jeunes filles musulmanes voilées ont été dès lors visées comme exogènes au système public et à l’école laïque bien qu’elles aient ôté dans leur grande majorité le voile à l’entrée de leur école.

L’accélération de leur mise et ban et de la crispation autour des tenues féminines s’effectuent par le biais de textes législatifs officiels et officieux. La charte de la laïcité de 2013 et la circulaire Luc Chatel poursuivent cet esprit anti voile aux alentours de la sphère de l’école publique. Un document interne au rectorat de Poitiers crée une vive polémique fin novembre de l’année 2014, il révèle une liste de signes devant alerter les enseignants et le personnel dirigeant de tous les établissements scolaires afin de prévenir le radicalisme religieux. Najat Vallaud Belkacem a déclaré que depuis la rentrée de 2014, « 536 signalements de suspicion ou de faits de radicalisation d’élèves » ont été recensés. Ce document ne vise pas directement les femmes musulmanes mais il ravive la volonté d’éradiquer le moindre signe réel ou imagé d’appartenance à l’islam car force est de constater qu’une jupe longue ne peut être définie comme signe ostentatoire d’une appartenance religieuse dans la mesure où le port de ce type de vêtement ne se limite pas aux femmes musulmanes.

Analyse des caractéristiques typologiques des femmes concernées.

Les caractéristiques typographiques des principales intéressées font échos à celles des « sorcières » des XVème, XVIème et XVIIème siècles.

En effet, les femmes des milieux populaires étaient les principales accusées de sorcellerie car elles étaient les plus indépendantes et exerçaient des métiers échappant aux hommes. Les femmes médecins, dépositaires d’un savoir en relation avec la guérison par les plantes, sage-femmes, avorteuses, conseillères psychologiques, enseignantes, dirigeantes politiques étaient les premières victimes de ces persécutions. Les femmes seules, veuves, étaient facilement condamnées d’autant plus si elles étaient riches, le même sort pouvait être réservé à leurs enfants à plus forte raison s’il s’agissait de filles. Ces femmes indépendantes contrecarraient l’ordre patriarcal établi par la bourgeoisie qui était florissante.

Le caractère indépendant et la différence de ces femmes les plaçaient dans une position délicate. Or, les jeunes filles voilées, en plus d’appartenir en grande majorité au milieu populaire, revendiquent une indépendance et une autonomie vis-à-vis de toute autorité masculine. Le « voile revendiqué » expression empruntée à françoise Gaspard et Farhad Khosrokhavar dans « le foulard et la République » paru en 1995, peut s’appliquer à ces jeunes filles qui estiment être « françaises et musulmanes, modernes et voilées, autonomes et habillées à l’islamique » et s’affirment ainsi pour une identité qui leur est propre. Cette revendication crée un paradoxe et une forme d’incompréhension puisque ces jeunes filles apparaissent en marge de la mode moderne qui prône des tenues beaucoup plus légères et près du corps.

Ces affirmations particulières personnelles se heurtent à la vision majoritaire des classes dirigeantes des établissements et à la société française qui, comme le déclarent Françoise Gaspard et Farhad Khosrokhavar, « refoule, au nom de l’universel, toute forme trop particulariste d’affirmation ». C’est de la nature indépendante et autonome de ce type de revendication que naissent les problèmes de compréhension entre les étudiantes et la direction des établissements scolaires. Les jupes longues s’opposant à la longue histoire du droit des femmes en France pour le port de vêtements courts et serrés. Cet aspect de la femme et de la fille autre nécessite d’être approfondi et sera détaillé dans un prochain article.

Un cadre intellectuel réformateur et humaniste.

Enfin, je terminerai par le cadre cognitif global de développement des phénomènes de la chasse aux sorcières et de la chasse aux jupes longues.

L’erreur courante est d’attribuer la chasse aux sorcières au Moyen-Âge, or, la vague la plus meurtrière fut réalisée pendant la Renaissance période caractérisée par l’humanisme. Alors que la période se veut moderne, tournée vers l’humain, vers la tolérance, des milliers de femmes sont conduites au bûcher. En réalité, c’est même cet élan vers la rationalité et la rigueur bureaucratique de l’Etat qui a accéléré le mouvement contre les dites « sorcières ». Cette thèse est énoncée par Ludovic Viallet dans « Sorcières! La grande chasse ». L’instauration d’un cadre administratif et bureaucratique fort nécessite de montrer à la population que ce nouvel Etat crée de l’ordre « et qui, pour ce faire, ont besoin du désordre ». De même, les guérisons par les plantes nées de pratiques ancestrales s’opposeront à la rationalité de la Renaissance et engendreront un scepticisme sur les femmes qui les proposeraient, elles seraient accusées d’être proches du diable.

Aucun penseur de l’époque ne se positionne contre les pratiques infligées aux sorcières en dehors de Heinreich Cornelius Agrippa Von Nettesheim qui sera tout de même attaqué pour soutien à la sorcellerie.

Ce cadre cognitif fait échos à la période actuelle de troubles semés par les attentats du début janvier 2015. L’Etat est face à la pression de devoir créer de l’ordre et montrer que les dérives radicalistes sont prises en charge et sont jugulées dès les premiers signes d’appartenance revendiquée à un islam visible. Les jupes longues n’étant pas en soi un signe de radicalisme puisqu’elles sont également portées par des jeunes filles non musulmanes sont érigées en tant que tel par la direction de l’école et le personnel enseignant afin de créer ce « désordre » prosélyte mettant à mal la laïcité.

De plus, au sein de l’islam et de sa représentativité, des velléités de réformisme sont avancées par certains imams ou personnalités publiques. Toutefois, elles ne se prononcent aucunement sur ces affaires voire visent davantage à un renoncement du voile et de toute tenue y étant associée à raison ou non. Ces courants se revendiquent d’ailleurs de l’humanisme à l’instar du philosophe Abdennour Bidar qui s’est exprimé sur le débat autour des jupes longues à l’école en sa qualité de chargé de mission laïcité au ministère de l’éducation nationale et qui fustige « l’attitude » des jeunes filles, leur « comportement », leur « conduite » et estime qu’elles ont fait preuve de « provocation ».

Pour sa part, Najat Vallaud Belkacem parle de « discernement » en soutenant que l’établissement a bel et bien fait preuve du discernement nécessaire. Ce mot n’est pas anodin et me permet de faire un parallèle avec ma précédente vidéo intitulée « de l’hystérie au radicalisme : ces « maladies »qui maintiennent les femmes dans un état de déficience mentale » puisque ce terme était particulièrement utilisé contre les femmes soignées en psychiatrie, il leur était reproché de ne pas avoir le discernement suffisant pour juger de leur état mental.

Ainsi, malgré le saut temporel entre la chasse aux sorcières et les affaires concernant les jupes longues, des similitudes de traitement sont à noter comme le cadre législatif et cognitif ainsi que les caractéristiques typologiques des femmes concernées. Bien que le spécialiste Abdennour Bidar estime que ce problème n’en est pas un et qu’il arrive quotidiennement, nul ne peut nier qu’il est nouveau et qu’il mérite de s’y intéresser.

Alice Gautier .
Sociologue chercheuse en Genre & Religion .
Blog L’oeil d’Alice .

— L’opinion exprimée dans cet article ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction, l’auteur étant extérieur à Islam&Info.

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