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Parti socialiste : crise politique, la France remanie son gouvernement

Ce lundi 25 août, l’Élysée annonçait la démission du gouvernement de Manuel Valls. Dans un communiqué, le président François Hollande demandait à « constituer une équipe en cohérence avec les orientations qu’il a lui-même définies » pour le pays.

Différents courants au sein du PS ?

Ce dénouement express faisait suite aux propos tenus par Arnaud Montebourg  et Benoît Hamon lors de la Fête de la rose de Frangy-en-Bresse le week-end précédent, critiquant la politique économique du gouvernement. Le premier ministre avait alors fait savoir qu’une « ligne jaune » avait été franchie.

D’après l’Élysée, « c’est François Hollande qui a demandé à Manuel Valls de lui remettre la démission de son gouvernement », une décision acceptée d’un commun accord. « L’idée est de reconstituer une équipe qui soit en adéquation avec la ligne économique de l’exécutif », indiquait le cabinet de M. Valls. Cette fameuse ligne économique, c’est le « pacte de responsabilité », défendu à Bruxelles depuis décembre 2013 par le Parti socialiste.

M. Montebourg et M. Hamon ont tenté de se défendre, en vain. « Il n’y a aucune contradiction avec le président, nous on veut donner de la force au gouvernement pour que la gauche au pouvoir réussisse », affirmait ce dernier. « Il n’y a pas de courants au gouvernement », ajoutait-il, réfutant toute arrière-pensée stratégique en vue de la présidentielle de 2017.

Manuel Valls se dote d’un nouveau gouvernement

C’est désormais chose faite depuis mardi. Parmi les quelques changements notoires, nous pouvons notamment citer l’élection de Najat Vallaud-Belkacem (précédemment ministre des Droits des femmes), désormais ministre de l’Éducation et celle de Fleur Pellerin au ministère de la Culture et de la Communication, à la place d’Aurélie Filippetti.

Notons que si les écologistes ne sont toujours pas présents, les radicaux y sont. Parmi les nouveaux entrants, Emmanuel Macron est le nouveau ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique ; Pascale Boistard est secrétaire d’État au Droit des femmes ; Myriam El Khomri est secrétaire d’État à la politique de la Ville ; Patrick Kanner à la Jeunesse et Sports ; Thomas Thévenoud au Commerce extérieur et Alain Vidalies aux Transports.

Plusieurs personnalités ont affirmé avoir décliné la proposition de participer au gouvernement « Valls II », dont François Lamy, Jean-Michel Baylet, Jean-Vincent Placé ou encore Robert Hue. M. Montebourg et M. Hamon n’ont donc pas été reconduits dans leur fonction de ministre de l’Économie et de ministre de l’Éducation.

Polémiques en série

Déjà, beaucoup s’offusquent que la très contestée Najat Vallaud-Belkacem soit désormais à la tête de l’Éducation nationale. Connue pour sa responsabilité dans la tentative de mise en place d’un « ABCD de l’égalité », Christine Boutin (Parti chrétien démocrate) parle de « provocation intolérable ». Albéric Dumont, un des leaders de la Manif pour tous, appelle déjà à une plus forte mobilisation lors de la prochaine manifestation prévue pour le 5 octobre.

La nouvelle ministre est d’ailleurs prise en tenailles entre les détracteurs du « no gender » et l’extrême-droite, dont les électeurs sont profondément agacés qu’une « arabe » soit nommée par Manuel Valls. « Bientôt, on parlera tous arabe à l’école » affirme J. sur la page Facebook de BFMTV…

Autre polémique, l’élection au poste de ministre de l’Économie d’un banquier libéral qui dispose d’une carrière notoire à la banque Rothschild. Alors que François Hollande affirmait en 2012, lors d’une allocution au Bourget : « mon ennemi, c’est la Finance », cette nomination tombe comme un cheveu dans la soupe. Accessoirement protégé de Jacques Attali qui l’avait nommé rapporteur de sa Commission pour la libération de la croissance, il est également connu pour sa proximité avec le grand patron de l’entreprise Nestlé.

Loin de donner une impression d’unité, le Parti socialiste donne plus que jamais le sentiment d’une incapacité notoire à gouverner le pays de façon cohérente. De très nombreux militants socialistes et d’électeurs « par dépit » laissent désormais éclater leur déception au grand jour, dont une partie de la communauté musulmane française qui s’est sentie régulièrement attaquée depuis le début du mandat de François Hollande.

Lutte anti-terrorisme abusive et dévoyée, lois islamophobes en continuité avec le gouvernement précédent de droite, présence intrusive dans les mosquées et position pro-israélienne, les points reprochés à l’Élysée sont nombreux et auront sans nul doute contribué à la perte du PS.