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France : Mère voilée et laïcité : Pour Najat Vallaud-Belkacem, les deux sont possibles

Sur BFMTV, l’actuelle ministre de l’Education nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche, Najat Vallaud-Belkacem, affirme son point de vue sur la relation parents/école concernant les mères voilées accompagnants les sorties scolaires.

Mères voilées et laïcité

Ce jeudi 4 décembre, Najat Vallaud-Belkacem était l’invitée de Ruth Elkrief sur le plateau de BFM TV. Durant cette interview de 15 minutes 30, différents thèmes ont été abordés, de la forme de notation à l’école à l’autorisation du port du voile par les mères accompagnatrices de sorties scolaires. Selon elle, une mère accompagnatrice de sortie scolaire et portant le voile ne remet pas en cause le principe de laïcité, elle déclare :

“Les mamans accompagnatrices de sorties scolaires qui portent le foulard, on va faire simple il n’y a pas de raison de créer des tensions là où il n’y en a pas, sur un sujet qui mérite vraiment l’équilibre et la nécessité, évidemment, de veiller au respect de la laïcité au sein de l’établissement scolaire”

Stigmatisation et réussite scolaire

Alors que les politiques de l’éducation menées précédemment visaient à couper toute relation entre la famille et l’école, Najat Vallaud-Belkacem n’a pas cette conception durkheimienne de l’éducation. Bien au contraire, l’école et la famille sont complémentaires et permettent tous deux de mener à bien la réussite scolaire de l’enfant. C’est pourquoi cette discrimination à l’égard des mères musulmanes est totalement contre productive. Pour elle :

“L’intérêt des enfants, si on veut qu’ils réussissent c’est que leur famille soit reconnue par l’école et non pas qu’elle soit rejetée, stigmatisée sur le principe […] Stigmatiser un parent sur le seul motif  de sa tenue vestimentaire, je crois que ce n’est pas de nature à ressouder les liens entre les familles et l’école”

Finalement, la ministre de l’Education nationale, sensible aux questions d’inégalités scolaires, donne son énergie à de vrais problèmes éducatifs telle que la réussite scolaire de nos enfants en renforçant les relations entre la famille et l’école et délaissant toute stigmatisation qui pourrait nuire à leur réussite.

Une mère voilée empêchée d'accéder à l'école de ses enfants

Les dérives de la loi de 2004 sont régulièrement constatées. Jessica, une mère de famille, a réclamé, mardi 28 octobre, au tribunal des référés de Tarbes (Hautes-Pyrénées) le droit à pouvoir pénétrer avec son voile dans l’école catholique privée de Pradeau-La Sède, pour venir chercher ses deux enfants. Le tribunal n’étudiera l’affaire que le 25 novembre, le président n’ayant pas estimé « l’urgence de cette situation comme évidente ».

Selon Me Sefen Guezguez, l’avocat de la plaignante, rien ne justifie que Jessica ne rentre pas dans l’établissement avec son voile. Il s’agit même d’« une situation illégale et que le droit clarifie pourtant », explique l’avocat cité par La Dépêche.

La loi de 2004 interdit « le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit ». Il en va de même pour le personnel des établissements scolaires « mais pas aux parents et surtout pas dans l’enseignement privé », rappelle-t-il.

« Nous ne sommes pas sous le régime de l’apartheid pour interdire telle ou telle personne. Ma cliente doit attendre à l’extérieur. Il y a eu d’autres cas similaires en France où l’on refusait l’accès à des femmes voilées et, à chaque fois, il y a eu condamnation. Là, on menace de déscolariser ces enfants si elle persiste. On pourrait s’attendre à davantage de tolérance de la part d’un établissement catholique. D’ailleurs, elle a pu rentrer voilée pour déposer son chèque… », a encore argumenté Me Guezguez.

Me Emmanuel Tandonnet, qui assure la défense de l’école, évoque de son côté « une instrumentalisation regrettable et injustifiée », d’autant que Jessica n’aurait été empêchée de rentrer qu’une fois dans l’enceinte de l’école : « On lui a alors rappelé la règle. » « Les parents ont signé le règlement intérieur de l’établissement qui indique bien que dans l’école, les signes ou tenues par lesquelles on manifeste ostensiblement son appartenance religieuse sont interdits. Y compris les grosses croix », explique l’avocat.

« Ça ne posait aucune difficulté à la famille pendant trois ans. Mais cette année, bien qu’elle ait accepté le règlement intérieur, elle exige de rentrer avec le foulard. Là, on provoque les problèmes », poursuit-il. Cependant, quoi qu’en dise le règlement, l’obligation de neutralité n’incombe pas aux parents, qui ne sont en rien des agents du service public. Le tribunal tranchera sur l’affaire fin novembre.