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Rapport de l’ONU : un tiers des apatrides sont des enfants

Hier, l’ONU a publié une bien triste nouvelle : un tiers des personnes apatrides dans le monde sont des enfants. Une donnée qui fait froid dans le dos lorsque l’on considère la nécessité éducative, sanitaire et sociale dans laquelle se trouvent ces petits bouts d’homme. Retour sur ce constat alarmant et sur les moyens que l’organisation a mis en place pour pallier ce problème.

10 minutes passées = 1 enfant apatride né

L’agence des Nations Unies en charge des réfugiés a communiqué un bilan relevant qu’un tiers des personnes apatrides sont des enfants. Une personne apatride est quelqu’un qui n’a pas de nationalité légale et qui est donc sans papier. Antonio Guterres, le haut commissaire pour les réfugiés a déclaré : « Toutes les dix minutes, un enfant apatride naît quelque part dans le monde ». Cette affirmation est inquiétante car le nombre d’enfants apatrides croît considérablement et rapidement.

L’annonce de ces données laisse perplexe puisqu’à l’époque actuelle, ce souci d’absence de nationalité devrait largement appartenir au passé. En effet, une convention internationale pour l’éradication de l’apatridie avait été signée en 1961 et pourtant, ce problème est toujours d’actualité. C’est en ce sens qu’Antonio Guterres qualifie cette situation de  »grave anomalie du 21ème siècle ».

Afin de signifier l’ampleur de ce problème, Antonio Guterres souligne au sujet des apatrides que « ces gens n’existent pas, ils n’ont aucun droit, aucune existence légale ». C’est le cas de nombreux enfants à travers le monde qui n’ont pas d’identité légale à proprement parler ni aucun droit qui puisse découler de cette identité. D’après les prévisions de l’ONU, d’ici 10 ans, il y aura 10 millions d’apatrides. L’organisation dénonce cette situation déplorable qui ne fait qu’empirer et souhaite y remédier. Pour ce faire, l’ONU a lancé une campagne pour l’éradication de l’apatridie d’ici 10 ans.

Éradiquer l’apatridie : le nouveau défi de l’ONU

L’ONU a donc lancé hier une campagne pour lutter contre l’apatridie et la voir disparaître avant 2024. Dans cette optique, une lettre ouverte a été publiée, écrite par Antonio Guterres et 20 personnalités. Dans cet écrit, il est précisé que « l’apatridie peut signifier une vie sans éducation, ni soins de santé ou emploi formel, une vie sans liberté de mouvement, sans espoir ni perspective d’avenir ». Cela est d’autant plus choquant lorsque l’on garde à l’esprit qu’un tiers des concernés sont des enfants.

L’objectif de cette lettre ouverte est de récolter 10 millions de signatures afin d’approuver l’éradication de l’apatridie. Au delà de cela, des mesures ont été imposées par l’ONU aux différentes nations tels que l’enregistrement systématique des naissances afin de ne pas augmenter le nombre d’apatrides ainsi que l’attribution de certificats de nationalité aux apatrides « ayant le droit de recevoir de tels documents ».

Notons également qu’« actuellement, 70% des nouveaux nés syriens, enregistrés dans des camps de réfugiés, sont considérés comme apatrides », d’après Antonio Guterres. Ainsi, les situations conflictuelles, les guerres et les « effondrements de pays » ne font qu’aggraver la situation et augmenter le nombre d’apatrides à travers le globe. Lorsque l’on prend en compte qu’entre autres, les droits à la santé et à l’éducation ne sont pas accordés à ces enfants, cela interroge profondément sur le péril de leur avenir.

Le rapport de l’ONU ne fait cependant pas état du peuple palestinien considérant qu’il s’agit d’un « problème spécifique, qui doit faire l’objet d’une solution politique ». Deux poids, deux mesures….