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Connaissez vous la véritable raison de la guerre d'israel contre gaza ?

1 – Israël attaque Gaza pour s’approprier le gaz palestinien – Lire l’article

2 – Un ramassis de mensonges a servi de prétexte à l’attaque sur Gaza – Lire l’article

3 – Les quatre grandes erreurs de Netanyahou – Lire l’article

 

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Israël attaque Gaza pour s’approprier le gaz palestinien
Nafeez Ahmed – The Guardian du 10 juillet 2014

Hier, Moshe Ya’alon, actuel ministre israélien de la Défense et ancien chef d’état major des Forces de Défense Israéliennes a annoncé que l’Opération « Coussin de protection » était le début d’une large offensive contre le Hamas. L’opération « ne va pas durer seulement quelques jours » a-t-il dit, « nous nous préparons à étendre l’opération de toutes les manières possibles pour continuer à frapper le Hamas. »

Ce matin, il a ajouté :

« Nos frappes continuelles causent de lourdes pertes au Hamas. Nous détruisons des armes, des infrastructures terroristes, des systèmes de commande et de contrôle, des institutions du Hamas, des bâtiments du régime, des maisons de terroristes et nous tuons des terroristes dans les différents niveaux de commande… La campagne contre le Hamas s’étendra dans les jours prochains et l’organisation paiera un lourd tribut. »

Mais en 2007, un an avant l’opération « plomb fondu », ce qui préoccupait Ya’alon, c’était les 40 milliards de m3 de gaz naturel, évalués à environ 3 milliards d’euros, découverts en 2000 au large de Gaza. Ya’alon rejetait l’idée que « le gaz de Gaza puisse devenir le vecteur d’un état palestinien viable au plan économique » comme étant « erronée ». Le problème selon lui était que :

« La vente du gaz palestinien à Israël n’engendrera pas assez de richesse pour profiter à une population palestinienne très appauvrie. Par contre, si l’on en juge par le passé, elle permettra de financer d’autres attaques terroristes contre Israël…

Une transaction sur le gaz avec l’Autorité Palestinienne [AP] devra, par définition, inclure le Hamas. Soit le Hamas pourra bénéficier des revenus engendrés, soit il sabotera le projet en lançant des attaques contre le Fatah, les installations de gaz et Israël – ou contre les trois à la fois… Il est clair que sans une opération militaire d’envergure pour mettre fin au contrôle du Hamas sur Gaza, on ne pourra procéder à aucun forage sans l’accord du mouvement islamique radical.. »

L’opération « plomb fondu » n’a pas réussi à anéantir le Hamas, par contre elle a pris la vie de 1387 Palestiniens (dont 773 civils) et de 9 Israéliens (dont 3 civils).

Depuis la découverte de pétrole et de gaz dans les Territoires Occupés, la compétition pour les ressources s’installe de plus en plus au cœur du conflit, à cause, surtout, des problèmes énergétiques croissants d’Israël.

Selon Mark Turner, le fondateur de Research Journalism Initiative, le siège de Gaza et la pression militaire qui s’en est suivie avaient pour but « d’éliminer » le Hamas en tant que « entité politique viable à Gaza » pour induire un « climat politique » favorable à un accord sur le gaz. Cela impliquait de réhabiliter le Fatah vaincu, d’en faire le principal acteur politique en Cisjordanie et de « rééquilibrer le rapport de force entre les deux camps en armant les forces loyales à Abbas et en recommençant à lui octroyer une aide financière ciblée. »

Les propos de Ya’alon de 2007 montrent que le cabinet israélien n’est pas seulement préoccupé par le Hamas – mais par le fait que si les Palestiniens parviennent à exploiter leurs gisements de gaz, la transformation économique qui en résultera pourrait alors augmenter considérablement leur pouvoir.

Israël a fait plusieurs découvertes successives d’importance ces dernières années – comme par ex. le gisement Leviathan estimé à 453 milliards de m³ – qui pourrait faire passer le pays d’importateur d’énergie à exportateur potentiel d’énergie avec l’ambition de livrer l’Europe, la Jordanie et l’Égypte. Le problème est que la plus grande partie des 3 450 milliards de mètres cubes de gaz et des 1,68 milliard de barils de pétrole du Bassin du Levant se trouve dans des eaux territoriales disputées par Israël, la Syrie, le Liban, Gaza et Chypre.

En plus de ces luttes régionales pour le gaz, Israël doit faire face à ses propres défis énergétiques, souvent méconnus. Ce ne sera sans doute pas avant 2020, par exemple, que le pays parviendra à mobiliser correctement la plus grande partie de ses ressources nationales.

Mais c’est seulement la partie émergée de l’iceberg. En 2012, dans une lettre – que le gouvernement israélien a gardée secrète– deux responsables scientifiques du gouvernement israélien ont prévenu le gouvernement que Israël, malgré toutes ses extraordinaires découvertes, n’avait pas encore la capacité d’exporter du gaz. Selon Ha’aretz, la lettre précisait que les ressources nationales israéliennes étaient de 50% inférieures à ce qui serait nécessaire pour procéder à des exportations dignes de ce nom et qu’en plus elles pourraient diminuer avec les années :

« Nous pensons qu’Israël aura augmenté sa consommation [nationale] de gaz naturel en 2020 et ne devrait donc pas exporter de gaz. Les estimations de l’Autorité de gaz Naturel sont inexactes. Il y a un fossé de 100 à 150 milliards de mètres cubes entre les projections de consommation qui ont été présentées au Comité et les projections plus récentes. Les réserves de gaz dureront sans doute moins de 40 ans ! »

Comme Dr Gary Luft – un conseiller du Conseil de Sécurité de l’Energie Etasunienne – l’a écrit dans le Journal de la Sécurité Energétique, « avec l’accélération de la diminution des ressources nationales de gaz et sans une augmentation rapide des importations égyptiennes de gaz, Israël pourrait être confronté à une crise énergétique dans les années qui viennent… Si Israël veut pouvoir poursuivre ses projets de gaz naturel, il doit diversifier ses sources d’approvisionnement.  »

Les nouvelles découvertes nationales d’Israël ne permettent pas de solutionner le problème dans l’immédiat parce que les prix de l’électricité ont atteint des records, ce qui accroît encore la nécessité de diversifier les approvisionnements. Ces problématiques sont la raison pour laquelle le premier ministre Netanyahou a déclaré le 11 février qu’il était temps de conclure un accord sur le gaz avec Gaza. Mais lorsqu’un nouveau cycle de négociations a été entamé avec l’Autorité Palestinienne, en septembre 2012, le Hamas a été exclu, et par conséquent il a rejeté l’accord comme illégitime.

Au début de l’année, le Hamas a condamné l’accord que l’AP avait conclu avec Israël pour lui acheter 845 millions d’euros de gaz provenant du gisement Leviathan sur les 20 années qui suivront la mise en service du gisement. Simultanément, l’AP a rencontré plusieurs fois le British Gas Group pour exploiter les gisements marins de Gaza, mais en excluant le Hamas – et donc les Gazaouis – du processus. Ce plan est le bébé du délégué du Quartette du Moyen Orient, Tony Blair.

Mais l’AP a aussi sollicité la compagnie russe Gazprom pour la même chose et des entretiens ont eu lieu entre la Russie, Israël et Chypre, sans qu’on sache au juste ce qu’il en est sorti. On ne sait pas non plus comment l’AP se propose de contrôler Gaza qui est gouverné par le Hamas.

Selon Anais Antreasyan, du Journal des Études Palestiniennes de l’Université de Californie, la revue de langue anglaise la plus respectée de toutes celles qui traitent du conflit arabo-israélien, l’étranglement israélien de Gaza a pour but de rendre « impossible l’accès des Palestiniens aux puits Marine-1 et Marine-2. » Le plan à long terme d’Israël « consiste non seulement à empêcher les Palestiniens d’exploiter leurs propres ressources, mais aussi à intégrer les gisements de gaz de Gaza dans les installations de forage en mer israéliennes adjacentes. » Tout cela fait partie d’une plus large stratégie consistant à :

« …. séparer les Palestiniens de leur terre et de leurs ressources naturelles pour les exploiter et ainsi bloquer le développement de l’économie palestinienne. En dépit de tous les accords formels impliquant le contraire, Israël continue à gérer toutes les ressources naturelles qui sont nominalement sous la juridiction de l’AP, que ce soit l’eau, la terre, la mer ou les ressources en hydrocarbures.. »

Pour le gouvernement israélien le Hamas continue d’être le principal obstacle à la finalisation de l’accord gazier. Comme le dit le ministre en exercice : « Notre expérience de la période d’Oslo nous a appris que les profits du gaz palestinien seraient sans doute utilisés pour financer le terrorisme contre Israël. Le Hamas n’est pas la seule menace… Il est impossible d’empêcher un groupe terroriste palestinien ou un autre de profiter peu ou prou de la manne gazière. »

La seule option, par conséquent, est une nouvelle « opération militaire pour éradiquer le Hamas. »

Malheureusement pour l’armée israélienne, anéantir le Hamas passe par la destruction de ce qui est perçu comme la base civile du groupe – et c’est pourquoi les victimes civiles palestiniennes sont infiniment plus nombreuses que les victimes israéliennes. Les deux camps ne valent pas mieux l’un que l’autre, mais la capacité de destruction d’Israël est simplement beaucoup plus grande.

Après l’opération « plomb fondu », le Comité Public contre la Torture en Israël (PCATI) de Jérusalem a découvert que l’armée israélienne avait adopté une doctrine de combat plus agressive basée sur deux principes – « zéro perte » pour les soldats israéliens même si cela nécessitait de tirer tous azimuts dans des zones fortement peuplées et la « doctrine dahiya » qui prône le bombardement des infrastructures civiles pour infliger de grandes souffrances à la population et les inciter à se révolter contre les opposants à Israël.

Cela a été confirmé dans les faits par la mission d’enquête diligentée par l’ONU à Gaza qui est arrivé à la conclusion que l’armée israélienne avait « délibérément fait un usage disproportionné de la force », contre les « infrastructures de soutien » de l’ennemi – « l’expression semble désigner la population civile », précise le rapport de l’ONU.

Les ressources ne sont pas la seule cause du conflit israélo-palestinien. Mais à une époque où l’énergie renchérit, la compétition pour le contrôle des énergies fossiles régionales influence de plus en plus des décisions qui ont le potentiel de déclencher une guerre.

Mise en ligne CV : 11 juillet 2014

10 juillet 2014 – The Guardian – Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.theguardian.com/environment/earth-insight/2014/jul/09/israel-war-gaza-palestine-natural-gas-energy-crisis?CMP=twt_gu
Traduction : Info-Palestine.eu – Dominique Muselet

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source : http://oumma.com/202890/un-ramassis-de-mensonges-a-servi-de-pretexte-a-lattaq
image : http://oumma.com/sites/default/files/imagecache/400xY/benyamin-netanyahou_0.jpg

Un ramassis de mensonges a servi de prétexte à l’attaque sur Gaza

La guerre israélienne contre la bande de Gaza est basée sur le mensonge du début à la fin. Le menteur en chef et l’homme responsable de l’usage disproportionné des armes israéliennes qui ont ôté la vie à presque 2000 Palestiniens — principalement des civils — contre 3 morts civiles israéliennes, n’est autre que le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou.

L’attaque sur Gaza a été déclenchée le 29 juin mais l’incitation à la guerre a commencé quand le premier ministre israélien a accusé de manière irresponsable le mouvement islamique Hamas de Gaza d’avoir soi-disant kidnappé 3 Israéliens. Les 3 Israéliens faisaient apparemment de l’auto-stop, le 12 juin, et ils ont été enlevés par des personnes non encore identifiées qui les ont tués peu de temps après, semble-t-il. Un des 3 israéliens a appelé la police et sur l’enregistrement de l’appel on entend le bruit d’un coup de feu. Netanyahou a immédiatement donné la consigne de garder la mort des trois Israéliens secrète.

Dans le Jewish Daily Forward, J.J. Goldberg parle des “décisions politiques et des mensonges” qui sont à l’origine de l’attaque contre Gaza. “On a dit aux journalistes qui avaient entendu parler [de l’appel à l’aide], que le Shin Bet voulait garder le secret pour faciliter les recherches. Les autorités israéliennes ont annoncé officiellement qu’Israël ’assumait qu’ils étaient vivants et agissait en conséquence’. Ce qui était un mensonge pur et simple,” a écrit Goldberg.

Deux semaines après l’enlèvement et quantités de discours anti-Hamas, l’attaque contre Gaza a été lancée sur la base d’une falsification de la réalité. Faisant suite à l’arrestation de centaines de Palestiniens et aux raids aériens israéliens quotidiens à Gaza, la mort d’un combattant palestinien dans une frappe sur Gaza a engendré une escalade de la situation. Le jour suivant, le Hamas, qui avait jusqu’ici respecté le cessez-le-feu conclu en novembre 2012, a rétorqué en tirant un barrage de roquettes. Cela a servi d’excuse à Israël pour commencer le pilonnage de Gaza. Et on ne parle plus des raids aériens israéliens lancés, les jours précédents, au prétexte fallacieux que les chefs du Hamas avaient ordonné l’enlèvement et le meurtre des trois Israéliens.

La vérité est toujours la première victime de la guerre et l’attaque de Gaza ne fait pas exception. Les Israéliens disent qu’ils ont essayé de “frapper durement le Hamas,” mais en réalité ils s’en sont pris aux civils palestiniens qui n’avaient rien à voir avec le Hamas. Le nombre de combattants du Hamas tués dans l’agression est dérisoire en comparaison du nombre de civils dont 300 enfants assassinés simplement parce qu’Israël se moque de savoir qui se trouve à l’autre bout de ses missiles.

Il y a eu une seconde série de mensonges à la fin de l’attaque israélienne contre Gaza, le 2 août, le jour où une trêve de 72 heures devait prendre effet. Israël a affirmé qu’un de ses soldats avait été kidnappé 90 minutes avant le début de la trêve humanitaire. Le Hamas a répondu qu’ils avaient combattu contre des soldats israéliens au coeur de Rafah à 7 heures du matin, une heure avant la trêve, et qu’à 7 H 34 ils avaient annoncé la bataille sur twitter. Le Hamas a dit qu’ils n’étaient pas au courant qu’un soldat israélien ait été kidnappé et que le soldat avait sans doute été tué dans le combat. En réponse Israël a lancé une de ses plus odieuses attaques contre la population de Rafah, causant la mort de près de 100 Palestiniens, en grande majorité des civils. Il s’en est suivi une tempête politique qui a atteint son apogée quand le président des Etats-Unis et le secrétaire général de l’ONU ont « exigé » que le Hamas libère sans conditions le soldat israélien capturé.

Après cette odieuse démonstration de force militaire et de puissance politique, Israël s’est calmé subitement, a reconnu que le soldat était mort et l’a enterré rapidement dimanche après-midi. Quelques heures plut tôt, les médias israéliens rapportaient que Netanyahou, hors de lui, avait martelé à Dan Shapiro, l’ambassadeur étasunien à Tel Aviv, que les Etats-Unis ne devaient plus jamais se substituer à Israël en ce qui concerne le Hamas.

Ce n’est évidemment pas la première fois que Netanyahou ment comme un arracheur de dents. Pour diaboliser le Hamas, le premier ministre israélien l’a assimilé au mouvement radical de l’Etat Islamique (IS) et à al-Qaeda, ce qui n’a rien à voir avec la réalité. En fait, selon Ali Mamouri de Al-Monitor, l’IS considère le Hamas comme un apostat et ses combattants ont brûlé le drapeau palestinien pendant l’offensive actuelle.

Peter Jenkins, un respectable diplomate anglais, a recensé près de 35 affirmations discutables dans un discours que Netanyahu a prononcé devant l’Assemblée Générale de l’ONU en octobre 2013 sur le programme nucléaire iranien et la nécessité pour les Palestiniens de reconnaître Israël comme un état juif s’ils voulaient la paix.

Netanyahou a à nouveau été épinglé en mai 2014 pour avoir qualifié le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) de mouvement antisémite. “La passion avec laquelle Netanyahou a ridiculisé les voisin d’Israël, menacé l’Iran et discrédité le mouvement BDS en le qualifiant d’antisémite’ … prouve simplement qu’il aurait tout à perdre si la situation venait à être sérieusement débattue. On se rapproche du moment où les mensonges ne suffiront plus,” a écrit Dale Sprusansky, l’adjoint du rédacteur en chef du Washington Report sur les Affaires du Moyen Orient dans un article qui portait sur cinq mensonges prononcés par Netanyahou dans son discours au Comité Américain des Affaires Public d’Israël (AIPAC) en mai dernier.

Tout cela a été corroboré, en 2011, par le président étasunien Barack Obama et l’ancien président français Nicolas Sarkozy qui, sans se rendre compte que le micro était branché, ont convenu que Netanyahou était un menteur.

Les politiciens ont la réputation de fournir des informations trompeuses et/ou exagérées. Les medias dominants doivent normalement vérifier les affirmations des politiciens, ce qui les incite à dire la vérité. Mais ce que dit Netanyahou est rarement vérifié et il peut se permettre de mentir effrontément sans être contredit. Ses mensonges ont causé, le mois passé, des milliers de morts et de blessés. Il est inacceptable qu’un dirigeant comme le premier ministre israélien bénéficie d’une telle impunité. Il faut enfin dire la vérité et, comme les Etats-Unis eux-mêmes l’ont affirmé, il faut que les responsables de crimes de guerre rendent des comptes. On ne doit plus accepter que de tels personnages puissent se cacher derrière des déclarations mensongères et des belles paroles.

Al-Monitor

Traduction : Info-Palestine.eu – Dominique Muselet

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Source : http://oumma.com/202917/quatre-grandes-erreurs-de-netanyahou

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Les quatre grandes erreurs de Netanyahou

Alors que les quelques officiers supérieurs de l’armée israélienne parlant des exploits militaires des trois dernières semaines affluent désormais en nombre, on peut supposer qu’ils en ont assez du carnage qu’ils ont vu à Gaza et qu’ils veulent maintenant se désengager.

La plupart de ce qu’ils disent est contradictoire : 31 tunnels d’attaque du Hamas ont été détruits, mais ils reconnaissent quand même que le Hamas peut en construire plus. Le Hamas a été durement touché, mais selon leurs services de renseignements, il reste encore au Hamas 3 000 roquettes de courte portée et quelques-unes de moyenne portée.

Du côté israélien, les ravages causés à Gaza sont considérés à la fois un succès (suite aux bombardements, les infrastructures sont retournées à un niveau d’avant 2006) et en même temps un échec. Un militaire a même reconnu qu’ils avaient besoin que le Hamas conserve sa maîtrise afin de garder le contrôle sur les autres groupes.

Du côté du Hamas, le message est sans ambiguïté : est-ce là ce qu’Israël peut faire de pire ? La force militaire du Hamas est intacte et apte à continuer le combat. Sur le terrain politique, l’attaque israélienne a cimenté l’unité des factions palestiniennes, placé le Hamas au sommet de la pyramide et révélé au grand jour l’alliance des États arabes derrière Israël, l’affaiblissant ainsi.

Ce n’est que le début de ce qui deviendra un va-et-vient de salves verbales lorsque les combats cesseront. Il est toutefois clair que même à ce stade, le calcul stratégique lié à ce raid punitif a pris une mauvaise tournure. Trois hypothèses ont joué un rôle clé dans les calculs de Benjamin Netanyahou : tout d’abord, le moment était venu d’assommer un Hamas affaibli par la perte des fonds en provenance d’Iran et du soutien de l’Égypte ; ensuite, les Gazaouis reprocheraient au Hamas les destructions provoquées par Israël ; enfin, l’Égypte et l’Arabie saoudite couvriraient Israël.

Pour la première hypothèse, le Hamas et le Djihad islamique se sont révélés être mieux préparés et meilleurs au combat que ce que l’armée israélienne avait prévu.

Voilà pour l’effet dissuasif des précédentes sorties dans la bande de Gaza. Avant l’invasion au sol, un commentateur expliquait que c’était comme si les Pierrafeu défiaient l’armée la plus perfectionnée du monde. Les choses ne se sont pas passées de cette manière. Les militants à Gaza ont causé des victimes dans les meilleures brigades de l’armée : 63 soldats et trois civils [161 soldats et officiers tués, selon ce que revendique la résistance – NdT], soit la moitié du nombre de morts lors de la guerre de 2006 contre le Hezbollah au Liban.

Qui plus est, la stratégie de choc et stupeur menée contre Gaza n’a pas eu l’effet escompté. Les Gazaouis n’ont pas reproché les destructions au Hamas et le gouvernement d’unité entre le Fatah et le Hamas n’est pas tombé en lambeaux. Il s’est passé le contraire, et ceci n’est qu’en partie dû aux tactiques employées pas les forces israéliennes. Cette guerre a vu tant de morts et de massacres de masse de civils que ceux-ci sont difficiles à quantifier.

Avant le bombardement de Rafah de 24 heures ce vendredi, le ministère palestinien de la Santé a indiqué que 70 familles avaient été anéanties, soit 579 personnes auxquels il faut ajouter les 1000 blessés. Mais même ce massacre ne reflète pas l’ampleur du nombre de morts civils.

Faut-il classer un massacre selon l’occurrence (le centre pour handicapés, les quatre garçons sur la plage, les trois garçons dans le pigeonnier), selon le lieu (Shejaiya (deux fois), Khusa, Rafah) ou selon l’école (les sept écoles de l’UNRWA faisant partie des 133 installations diverses de l’ONU touchées par des obus et des missiles) ? Revendiquer, comme Benjamin Netanyahou l’a fait, que la guerre menée par Israël n’est pas contre les civils, relève soit d’un cynisme porté à son paroxysme, soit d’un aveuglement, voire des deux à la fois.

Néanmoins, la réaction de Gaza n’est qu’en partie une réponse à ces tactiques. L’autre moteur était le siège en soi, qui a maintenant passé les huit ans. Au début des bombardements, les Gazaouis se disaient que dans l’absolu, ils avaient deux solutions : soit mourir maintenant, soit mourir d’une mort lente plus tard. Ils ont opté pour la première possibilité. La résistance est donc revenue en force, quelle que soit l’organisation qui la dirige. Le Hamas a été stimulé puisqu’il s’agit du mouvement de résistance le plus conséquent et le plus actif. Et même dans un endroit aussi contrôlé que la Cisjordanie, où la loyauté envers le Fatah est profonde, la résistance a regagné le grand public.

Par conséquent, quand cela se terminera, les choses ne seront pas comme d’habitude. Tzipi Livni, ministre de la Justice qui se range elle-même dans la frange libérale d’un cabinet de droite dominé par les colons, se fait bien des illusions si elle pense qu’elle peut aujourd’hui prendre le téléphone et avoir Mahmoud Abbas ou Saeb Erekat de l’autre côté du fil. Les assistants sont depuis devenus des résistants, dans la mesure où n’y a pas une feuille de papier à cigarettes entre la position de l’OLP dans les pourparlers de cessez-le-feu au Caire et le Hamas.

Les six conditions pour un cessez-le-feu en sont le reflet : le retrait immédiat des forces israéliennes et la garantie de la fin des incursions, des bombardements et des survols ; la fin du siège, l’ouverture des points de passage, la garantie d’un passage entre la Cisjordanie et la bande de Gaza et la réouverture d’un aéroport et d’un port maritime à Gaza ; l’élimination des zones tampons ; la libération de tous les prisonniers, en particulier de ceux qui ont été de nouveau emprisonnés suite à l’affaire l’affaire Guilad Shalit ; la reconstruction immédiate de Gaza par le gouvernement d’unité ; la tenue d’une conférence des donateurs. Toutes ces conditions sont issues de la stratégie du Hamas. Il ne s’agit sûrement pas d’une position dans laquelle Abbas ou l’OLP se sentent à l’aise, mais ils n’ont guère le choix.

La troisième erreur fatale de Netanyahou a été de compter sur le soutien de l’Égypte et de l’Arabie saoudite. Il aurait été plus sage de garder secret leur soutien pour son attaque contre le Hamas. Le fait de s’en vanter, comme les responsables de la défense israélienne l’ont fait, afin de démontrer à un public occidental sceptique que les autres États arabes voulaient que le Hamas prenne une bonne raclée, était une idée stupide.

Ce n’est pas pour rien que l’un des plus ardents défenseurs du président égyptien, le commentateur nassériste Abdallah El-Senawi, a évoqué dans le journal Shorouk les dommages causés par Abdel Fattah al-Sissi à sa propre image présidentielle lorsqu’il s’est exprimé en faveur de la guerre israélienne.

« En toute honnêteté, un coup terrible a été porté à la réputation du nouveau Président dans le monde arabe en termes diplomatiques et médiatiques. En dépit du fait que certains [souhaitent voir l’Égypte retourner à son état précédent], des erreurs ont été commises avant qu’elles n’apparaissent là. Il manque une vision… La scène régionale en général, et l’Égypte en particulier, semblent faibles dans leur solidarité avec le calvaire de Gaza. Dans certains cas, des actes politiques honteux sont commis dans les médias, même si la question est profondément liée au sort de toute la région. »

Le docteur Khalid al-Dakhil, l’un des politologues les plus renommés d’Arabie saoudite, chroniqueur pour le journal al-Ittihad, a écrit dans le journal al Hayat que l’Égypte avait sacrifié son rôle central dans le monde arabe : « Désormais, l’Égypte ne dispose plus des avantages nécessaires pour maintenir son rôle central ou son leadership dans le monde arabe. » Dans le camp saoudien, le même sentiment d’humiliation se fait sentir.

Saoudiens et Égyptiens comparent la réaction de leur gouvernement à celle des pays d’Amérique latine qui ont chassé leurs ambassadeurs israéliens. Ils entendent les condamnations de la Chine et de l’Afrique du Sud. La réputation internationale du Hamas a également été renforcée. Khaled Mechaal a reçu une lettre personnelle de la part du président sud-africain Jacob Zuma. En Colombie se déroulent des manifestations où les gens crient « Viva Hamas ».

Netanyahou a commis une quatrième erreur de calcul, qui peut avoir déjà commencé ou non à porter ses effets plus près de chez lui. Nous ne le saurons que rétrospectivement. Cette erreur concerne ce qui se passe dans l’esprit des Palestiniens vivant hors de Gaza, qu’ils soient habitants de la Cisjordanie ou de Jérusalem, ou encore citoyens d’Israël. Il est facile de définir un fil conducteur, des manifestations au poste de contrôle de Qalandia, les plus massives depuis de nombreuses années, à l’acte d’un conducteur de pelleteuse qui a écrasé un homme et renversé un bus à Jérusalem, en passant par la fusillade en voiture contre un soldat à un arrêt de bus, à l’Université hébraïque.

Il est plus difficile d’en identifier le point charnière. Plus la guerre s’éternisera, plus la tension grandira à Jérusalem. Autre signe intéressant : la police anti-émeutes palestinienne ne regarde plus les manifestants palestiniens dans les yeux, en tant que compatriotes. Les policiers ont trop honte de ce qu’ils font. De même, le drapeau vert palestinien est omniprésent. La guerre contre Gaza pourrait avoir simplement posé les bases d’une nouvelle intifada.

Middle East Eye –
Traduction : Info-Palestine.- Valentin B.

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