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« État islamique » : le conflit s’internationalise

En août, face à la progression aussi soudaine que fulgurante de l’EI, l’Union européenne s’était entendue sur le fait que certains pays membres répondraient favorablement à la demande d’armement des forces de sécurité kurdes, comme la France ou la Grande-Bretagne.

Bien huilée, la situation évolue de jour en jour

Les USA et leurs alliés arabes ont mené ce mardi près de 20 frappes dans le nord de la Syrie, contre des positions présumées de Daech. L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) parle d’une vingtaine de morts. Des frappes ont également été menées à la frontière de l’Irak.

Par Daech, nous entendons également l’EIIL (État islamique en Irak et au Levant), ou encore Dawla, ou Isis (Islamic State in Irak and Syria), tous ces acronymes désignant la même entité. C’est dans l’invasion de l’Irak par les États-Unis en 2003 que l’organisation connue aujourd’hui trouve ses racines : une fois encore, le « monstre s’est retourné contre son géniteur ». En 2013, l’EI s’émancipe d’Al-Qaïda et s’engage dans la conquête territoriale de l’Irak et du Cham.

A l’appui de trois vidéos dont la mise en scène et l’authenticité sont largement contestées, Daech revendique l’assassinat de trois otages : deux américains, James Foley et Steven Sotloff, ainsi que le britannique David Haines. Nous n’y voyons pas les meurtres, mais les images des cadavres sensés avoir été décapités au couteau par un individu masqué, suspecté dans les médias d’être un ressortissant britannique.

En attendant, ce sont des dizaines de milliers de réfugiés kurdes qui ont franchi la frontière entre la Syrie et la Turquie, après la prise d’une soixantaine de villages par l’EIIL. Si en août, le vice premier ministre turc craignait « la possibilité d’un exode en provenance de l’extérieur » à propos des Yézidis, le scénario actuel semble bien plus catastrophique en terme de déplacement humain et d’exode massif. Le Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés évoque l’arrivée possible de « centaines de milliers » de personnes supplémentaires.

La France menacée

La France, membre de la coalition, n’a pour l’instant frappé qu’une fois. Vendredi dernier, les Rafale français auraient détruit un dépôt logistique. Ils poursuivent leurs « missions de surveillance et d’identification » pour « repérer des cibles de nature à empêcher, enrayer, les forces de l’État islamique, et permettre aux forces au sol de reconquérir du terrain », a expliqué le ministre de la Défense.

Alors que les leaders d’ISIS ont appelé leurs supporters à travers le monde à la vengeance et aux représailles, un touriste français en Algérie aurait été pris en otage dans la région de Tizi Ouzou par un groupe armé. Menacé d’être exécuté, l’homme qui se prénomme Hervé Gourdel demande au président français dans une vidéo de cesser son offensive en Irak.

Interrogé, Manuel Valls restait ferme sur ses positions : « La France est une grande nation qui assume totalement ses responsabilités ». « Ces frappes, cet engagement vont évidemment se poursuivre », a-t-il ajouté, aucune négociation n’aura donc lieu.

Alors que François Hollande fait face à sa popularité en déclin dans son propre pays, cet énième engagement militaire est contesté, notamment après des années d’une ligne politique « prudente » à l’égard des conflits syriens et palestiniens. Par ailleurs, l’internationalisation du conflit laisse à craindre le regain d’une vieille rancœur à l’égard du monde musulman via ses « djihadistes » fantasmés ou bien réels, justifiant l’invasion plus profonde d’un Moyen-Orient devenu bourbier géopolitique. Déjà, les musulmans d’Europe sont visés et appelés à s’élever contre les agissements de l’EI, dont pourtant ils n’appartiennent pas de près ou de loin. Alors qu’ils étaient supposés n’importer aucun conflit, on attend désormais d’eux qu’ils se sentent concernés.

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