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Rentrée 2014 : des préjugés à la diabolisation de l’Islam dans les manuels scolaires

En cette rentrée scolaire, il est intéressant de se pencher sur ce que transmettent les écoles au sujet de l’Islam. C’est cette question que ce sont récemment posés une sociologue et un historien, Béatrice Mabilon et François Durpaire. Retour sur cette étude publiée par le Nouvel Observateur et sur une éventuelle explication.

L’Islam religion de « terreur » 

L’étude menée par ces deux chercheurs a été effectuée dans les manuels d’Histoire de Seconde générale, Première et Terminale des éditions Hatier, Hachette et Nathan. D’après cette analyse, l’Islam des manuels scolaires présente le musulman comme un « terroriste potentiel ». Cette idée est notamment véhiculée par le biais des termes associés au mot Islam.

En effet, le vocabulaire corrélé à l’Islam dans ces manuels scolaires sont : « attentats », « terrorisme », « guerre », « 11 septembre » ou encore « Al Qaïda ». En bref, que de termes qui transforment le musulman en une véritable figure de terreur et qui caractérisent l’Islam de religion violente. Les manuels scolaires d’Histoire présentent donc l’Islam et les musulmans de manière péjorative et totalement biaisée.

Dans les ouvrages de Première, le musulman est également catalogué puisqu’il est présenté comme un être immoral et violent. Les chercheurs soulignent en ce sens que « les corrélats « affectifs » implicites de l‘islam sont donc polygamie, patriarcat, viol, voile, contraintes, terrorisme, armes, mort, attentats ». Les manuels scolaires véhiculent donc cette idée de manière forte : l’Islam serait synonyme de terreur, bien que cette affirmation ne soit pas explicitement exposée.

Dresser un portrait biaisé pour mieux se justifier

Nous pouvons nous interroger sur le pourquoi de ces fausses idées au sujet de l’Islam et des musulmans. Or, accuser une personne à tort pour ensuite pouvoir lui nuire en toute impunité fait partie des vices de l’humanité. Depuis des siècles, les dictateurs et chefs d’Etat agissent de la sorte : diaboliser l’ennemi pour mieux lutter contre lui.

En effet, la diabolisation est un procédé consistant à « donner une forte connotation négative à une idée, un groupe ou un individu, de sorte que sa seule évocation suscite une réaction de rejet ». N’est-ce pas là une explication à ce portrait totalement biaisé de l’Islam et des musulmans ?

En dressant un portrait aussi péjoratif des musulmans, la France justifie son rejet de l’Islam. Passer par les manuels scolaires est une stratégie bien réfléchie dans le but d’ancrer dans les esprits que l’Islam est un danger. Bien que cela ne soit pas forcément la pensée des lycéens, ces derniers sont inconsciemment manipulés. Le glissement sémantique ou l’association de termes entre l’Islam et la terreur est une technique de diabolisation, telles que l’amalgame ou la dévalorisation.

La diabolisation peut être volontaire ou non, mais étant donné les techniques utilisées contre les musulmans – glissement sémantique, dévalorisation et amalgame – il est difficile de ne pas mettre la France sur le banc des accusés. Notons que le procédé de la diabolisation serait né en 1486 avec les « sorcières » qui jusqu’alors étaient considérées comme superstitieuses et qui sont devenues l’incarnation du diable, d’où le nom du procédé.

Cette stratégie observable à travers l’étude des manuels scolaires nous amène à nous interroger sur ce qu’apprennent les non musulmans à notre sujet et comment déconstruire toutes ces idées alors que c’est l’école même qui les a inculquées.

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